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miércoles, 23 de diciembre de 2015

Pourquoi les grands vignerons refusent-ils la grande distribution ?

Pourquoi les grands vignerons refusent-ils la grande distribution ?




Vignes en Bourgogne
Vignes en Bourgogne - Laurent Cipriani/AP/SIPA
 
 
A quelques exceptions près, on peut affirmer que les grands vignerons – autrement dit, celles et ceux qui ont été confirmés comme tels par une majorité de la critique et des amateurs – ne travaillent pas avec la grande distribution (GD) ; laquelle écoule par ailleurs autour de 80% du volume de vin produit. Comme l’enseigne Lidl, par exemple, qui accapare à elle seule 8% de l’ensemble du vin du Bordelais.

Pourquoi alors ces vigneron-ne-s en vue dédaignent-ils un réseau de distribution si puissant ? Eléments de réponse avec deux grands vignerons indiscutables : Richard Leroy (Loire) et Mathieu Deiss (Alsace).

« Il n’y a absolument aucune raison que je travaille avec la grande distribution »

Richard Leroy (à g.) et Etienne Davodeau
Richard Leroy (à g.) et Etienne Davodeau - P. Rapiteau

Richard Leroy est un vigneron angevin, considéré comme l’un des maîtres actuels du cépage chenin. On le connaît aussi pour son apparition dans la BD d’Etienne Davodeau, Les Ignorants, dont il est l’un des deux principaux protagonistes (l’autre étant Davodeau lui-même). Comme pas mal de domaines exigeants, il travaille en biodynamie, et le plus souvent sans intrants, « nature » :
« Les “nature” ne travaillent pas avec la GD, parce qu’on a des vins qui doivent être expliqués ; d’autant plus que les produits utilisés par les autres n’apparaissent pas sur l’étiquette... Et au sein des enseignes, il est évident qu’on ne va pas mettre 3-4 cavistes dans les rayons. »
Mais certains grands vignerons, remarque Richard, font bien « du business » :
« De nombreux vignerons qui ont de grands vins savent trouver du volume, des cuvées de négoce moins qualitatives. L’argent, c’est le nerf de la guerre. Je n’en veux pas à ces vignerons, ils sont le reflet de la société. Mais ce n’est pas mon monde.
C’est une question éthique, bien sûr. On peut ne pas aimer mon vin, mais mon vin il est honnête : l’honnêteté des vignerons – on vend son nom – c’est ma conception du vin. Il ne faut jamais tromper le consommateur. J’accepte le jeu du j’aime-j’aime pas, je ne jouerai pas le jeu de modifier mon vin pour qu’il plaise au consommateur. »
Et le propre de la grande distribution, loin de l’éthique de Richard Leroy, « c’est de faire de l’argent » :
« C’est sa vocation. Mais en termes de chiffre d’affaires, c’est bien plus difficile de travailler avec des vins qui ont une forte personnalité. Moi j’ai la chance d’être soutenu par des cavistes qui ne m’ont jamais posé de questions sur les prix. On a des coûts de revient beaucoup plus élevés : si on veut vraiment vendre, on va sur autre chose.
J’ignore ce que va être l’avenir du commerce : toujours décadent, avec des grandes zones périphériques inhumaines, ou si on va réinventer autre chose, d’un peu plus drôle, réinvestir les centre-villes... En tout cas, il n’y a absolument aucune raison que je travaille avec la GD. »

Travailler avec la GD ? « Si on fait ça, dans 5-10 ans on est mort »

Jean-Michel et Mathieu Deiss
Jean-Michel et Mathieu Deiss - M. Sargis

Mathieu Deiss, 30 ans, travaille avec son père Jean-Michel sur le domaine Marcel Deiss, l’un des plus réputés d’Alsace ; ils bataillent notamment pour le retour de la complantation dans cette région où le mono-cépage est la règle depuis quelques décennies.
Lui aussi commence par nuancer ma question affirmative, en précisant que les grandes bouteilles se trouvent bien, parfois, au hasard des rayons de la GD :
« Il y a ceux qui n’assument pas, des maisons qui sont officiellement contre mais qui dans les faits y distribuent leurs vins. Il y a ceux qui ne veulent pas mais dont on retrouve quand même les bouteilles ; en général, c’est alors le fait de revendeurs peu scrupuleux. Certains s’en sont même fait une spécialité : “Je te trouve trois bouteilles de Romanée-Conti [ultra grand cru de Bourgogne, ndlr] si tu me prends une palette de côtes-du-rhône.” On sert de produit d’appel pour que la GD écoule le reste.
Aujourd’hui, tu es obligé de consacrer une partie de ton temps à vérifier que tes vins ne se retrouvent pas n’importe où. Il y a trois ans, j’ai eu un agent en Normandie qui plaçait nos vins dans un petit resto, et les gars revendaient derrière à je ne sais plus quelle enseigne de GD. Et il y a aussi l’export, le marché gris. Aux Etats-Unis, en Asie, il y a des bouteilles, tu ne sais pas d’où elles viennent.
Nous on choisit des vendeurs qui peuvent expliquer nos vins, qui ont les mêmes valeurs, alors s’ils se font court-circuiter par la GD qui casse les prix, ils ne peuvent plus vivre de leur travail. »
Mais les grands vignerons n’y ont pas leur place, selon Mathieu, pour plusieurs raisons :
« Ces vignerons, qui font un vin culturel, sont en général plus chers que le marché : parce qu’ils ont des coûts de production plus élevés, du monde dans les vignes, plus de salariés... Mais le supermarché, c’est un lieu de compétition sur les prix. Si tu désires vendre en GD, il faut s’aligner sur les prix. Si tu veux garder un espace pour ce vin culturel, qui a de la profondeur, tu ne peux pas t’aligner. Par conséquent, tu ne peux pas y être.
Et entrer là-dedans, c’est ne plus pouvoir en sortir. C’est un cercle vicieux, tu dois rogner les coûts, tout tirer vers le bas... Quand tu es déshumanisé, tu es uniquement sur le produit lui-même. Grands vins nature ou culturels, dès que les gens veulent faire ça, ils se retirent de la GD. Et la réussite c’est encore de mettre quelque chose de grand dans la bouteille. »
Quid des « grands crus » de Bordeaux qu’on trouve systématiquement en GD ?
Le cas du Bordelais est un peu à part : pourquoi trouve-t-on en GD de nombreuses références de « grands crus », y compris classés et très chers ? Ces vins à l'étiquette réputée sont en fait produits à des volumes si importants (parfois plus de 100 000 bouteilles par an pour un seul château, sans compter ses deuxième voire troisième vins) qu'ils peuvent difficilement se passer de la grande distribution : comme des marques de prêt-à-porter qui seraient vendus au prix du luxe. Mais on peut présumer que l'image de ces vins (et donc leur prix) finira par s'écorner d'être devenus si courants.
Quant à travailler un jour avec la GD, pour ce qui le concerne Mathieu est clair : ce serait suicidaire.
« On a absolument aucun objectif de travailler avec la GD : si on fait ça, dans 5-10 ans on est mort. Rien qu’en Alsace, il y a des domaines qui, historiquement, ne travaillaient pas avec la GD, et de s’y être mis, ils ont reculé... Quel intérêt ? Sauf à vouloir avoir son nom, son étiquette, partout.
Le propre de l’industrie c’est de toujours tirer les prix vers le bas. Dans la GD c’est encore pire parce qu’officiellement, c’est pour donner du pouvoir d’achat aux gens... Je ne vois pas d’avenir pour la société par là. »

Origine information: Rue89

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